Fatales négligences

Des événements tragiques apparaissent à l'horizon. Aymeric Le Bellec ne sent venir la catastrophe que trop tard. Une simple faute d’inattention, c’est ce que plaide Aymeric Le Bellec au moment où on le découvre en tenue d’Adam dans le vestiaire des femmes de la salle de sport de son entreprise. Mais qu’est-il en mesure de prouver ? S’ensuit un odieux chantage qui va conduire celui qui se voyait déjà à la tête de la FrogAmber, rayonnante compagnie d’énergie renouvelable, à enchaîner les erreurs quand il tentera de couvrir ses agissements graves par des actes pires. Obnubilé par les menaces qui pèsent désormais sur sa carrière, il en néglige une autre bien plus terrifiante encore. On ne s’est pas méfié du froid venu de Sibérie, qui s’abat sur Paris et l’Europe. On aurait dû, car le black-out électrique est imminent. Un drame aux conséquences incalculables.Après S.N.O.W. (2018) qui avait plongé le lecteur dans les méandres de la finance, Régis Bégué nous livre ici un roman d’anticipation sur la fatale panne d’électricité, l’une des hantises de notre monde moderne hyperconnecté. Lorsque géopolitique et spéculation énergétique se mêlent, le résultat est des plus apocalyptiques, mais le scénario bien trop réel.Aymeric Le Bellec va devoir faire attention à bien choisir les personnes auxquelles il accorde sa confiance... EXTRAIT Le moment était délicieux, je pourrais encore l’en remercier. Enivré par l’extase, je crois que je ne réalisai pas tout de suite. Je la voyais gigoter contre moi, me griffer passionnément. Il me fallut probablement de longues secondes, trop longues, pour comprendre qu’en réalité elle se débattait désormais. Non qu’elle refusât l’étreinte ou qu’elle eût brusquement changé d’idée. Mais un événement s’était produit dont, dans ma fougue, je n’avais pas pris conscience. Nous n’étions plus dans le noir. Et nous n’étions plus seuls dans le vestiaire. Pivoine, l’épouvantable trésorière du groupe, la mégère, l’indescriptible commère du septième étage, celle dont la langue de vipère jaillissait si facilement de derrière ses lèvres trop pulpeuses pour être vraiment tendres et trop rougies pour être honnêtes, écarquillait ses grands yeux globuleux devant le piètre spectacle que nous donnions à voir. Les deux gros calots bleu-gris semblaient incapables de se détacher de nos peaux humides et découvertes. Il fallait réagir. De manière fugace, je m’imaginai étrangler la curieuse en un tournemain et me débarrasser promptement de son corps. Mais la diablesse pesait son poids. Je me vis traînant cette masse dans le vestiaire, la fourrer difficilement dans mon sac de sport préalablement vidé, hisser le tout dans le coffre de ma voiture, avec l’aide de Chloé, et… Et après ? Je renonçai bientôt à ce projet séduisant, mais absurde.À PROPOS DE L'AUTEUR Formé aux mathématiques, à l'économie et au commerce, c’est par hasard que Régis Bégué entre dans la finance, en 1994. D'abord courtier, il est aujourd'hui gestionnaire dans une grande institution. Un détail d’importance puisque ce nouveau polar prend corps sur fond d’intrigue financière et de spéculation boursière.Ce métier exigeant nécessite des soupapes d'aération et d'oxygène. Il les a trouvées avec l'écriture, mais également le piano, la peinture, le théâtre, le chant !En 2000, il s'est attelé à son premier roman, Les cimes ne s’embrassent pas, dans lequel il a créé le village imaginaire de Saint-Ravèze, que l’on retrouve dix-huit ans plus tard dans S. N. O. W. Entre les deux, il n'a jamais vraiment posé la plume ni abandonné le clavier. Et tant qu'il aura des histoires à raconter et qu’il y aura des gens pour les lire et les aimer, il continuera !Il est né, a grandi et réside en région parisienne.