Marianne

Une romance pourvue d'une subtile touche de féminisme dans le dernier roman de George Sand, publié juste avant sa mort.Pierre André aime sans le savoir la charmante Marianne Chevreuse. Tout bascule lorsqu’un vieil ami le sollicite pour arranger le mariage de son fils, un jeune Parisien bien fait et très sûr de lui, avec Marianne. Voilà une demande à laquelle Pierre ne peut se soustraire mais qui lui cause, à son grand étonnement, une vive irritation. Heureusement, malgré les préjugés de son époque, la jeune femme n’est pas prête à épouser le premier venu…Dans ce roman peu connu, le dernier publié avant sa mort, George Sand crée une romance à la subtile touche féministe. Son héroïne, jeune femme vive et indépendante, représente pour l’auteure à la fois l’idéal de l’émancipation féminine et une attaque subtile de la muse de la République française, la Marianne nourricière qui protège les enfants de la patrie. Marianne offre ainsi au lecteur un dernier aperçu du génie de l’un des plus remarquables écrivains français.Un roman simple dans lequel transparait le génie littéraire de George Sand grâce à son sens du portrait et son goût des fins heureuses. Un classique de la littérature française à (re)découvrir en numérique !EXTRAITMarianne était une demoiselle de campagne, propriétaire d’une bonne métairie, rapportant environ cinq mille francs, ce qui représentait dans le pays un capital de deux cent mille. C’était relativement un bon parti, et pourtant elle avait déjà vingt-cinq ans et n’avait point trouvé à se marier. On la disait trop difficile et portée à l’originalité ; défaut plus inquiétant qu’un vice aux yeux des gens de son entourage. On lui reprochait d’aimer la solitude, et on ne s’expliquait pas qu’orpheline à vingt-deux ans, elle eût refusé l’offre de ses parents de la ville, un oncle et deux tantes, sans parler de deux ou trois cousines, qui eussent désiré la prendre en pension et la produire dans le monde, où elle eût rencontré l’occasion d’un bon établissement.La Faille-sur-Gouvre n’était pas une ville sans importance. Elle comptait quatre mille habitants, une trentaine de familles bourgeoises, riches de cent mille à trois cent mille francs, plus des fonctionnaires très bien et connus depuis plusieurs années, enfin un personnel convenable, où une héritière, si exigeante qu’elle fût, eût pu faire son choix.Marianne avait préféré rester seule dans la maison de campagne que ses parents lui avaient laissée en bon état, suffisamment meublée, et dans un site charmant de collines et de bois à peu près désert, à quatre kilomètres de la Faille-sur-Gouvre.La contrée, située vers le centre de la France, était d’une remarquable tranquillité, surtout il y a une cinquantaine d’années, époque à laquelle il faut rapporter ce simple récit. De mémoire d’homme, il ne s’y était passé aucun drame lugubre. Le paysan y a des mœurs douces et régulières. Il est propriétaire et respecte ses voisins pour en être respecté à son tour. Les maisons sont pourtant clairsemées dans la région qu’habitaient Marianne et Pierre André, à cause des grandes étendues de landes et de taillis, qui offrent peu de ressources à la petite propriété, et qui d’ailleurs appartiennent par grands lots aux gros bonnets de la province.CE QU'EN PENSE LA CRITIQUECe roman met l'accent sur l'amour de la nature par les deux protagonistes et sur leur amour "pur" dénué d'intérêt. Un bel ouvrage à lire aussi pour bien appréhender la condition des femmes à cette époque. - Ansea, BabelioÀ PROPOS DU PREFACIERMarc Tadieu, historien et auteur de nombreux romans et livres d’histoire, a redécouvert au début des années 2000 ce texte oublié qu’il nous présente ici en quelques mots bien choisis.