Étoiles et caetera

Des nouvelles sur la vie de tous les jours, sur des espoirs secrets, sur des drames familiaux ou encore sur la disparition d'un être cher... Au début, c'était une enfant dans une toute petite nouvelle. Puis au fil des mots, elle a pris corps. Elle a rempli l'espace du livre. Des bouts de vie, séquences, arrêts sur l'image, elle donne d'elle ce qui lui chante. A chaque fois, elle est différente, mais à chaque fois, elle brille de la lumière des étoiles perdues dans l'intervalle d'une vie. Savourez chacune de ces nouvelles, toutes différentes mais pourtant toutes liées par l'histoire d'une femme, à un moment particulier de sa vie. Ce recueil vous promet un moment d'évasion et de poésie. EXTRAITMa mère m’avait tuée un soir de mai, au moment du souper, entre le fromage et la pomme. Dès la première gifle, j’avais cherché à protéger mon visage de mes coudes puis devant l’avalanche de coups, je n’avais pas eu d’autre choix que de piquer du nez dans l’assiette et j’avais fait la morte. Elle avait débarrassé les restes du repas, glissé nos serviettes dans leur rond en plastique, passé une éponge sur le Formica de la table. L’eau avait coulé dans l’évier et les assiettes avaient glissé l’une contre l’autre. Elle cherchait la photo que je lui avais volée et je n’avais aucune intention de la lui rendre en dépit de la terreur qui enflait sous mes côtes. Ce soir-là, la chair brûlante, épuisée par mes suppliques, j’avais pris la décision de ne plus vivre en sa compagnie, d’être une fille morte, d’être le fantôme de sa fille. Elle ne voulait pas que je l’appelle Maman, elle ne voulait pas que je la regarde, elle ne voulait pas que je lui parle, elle ne voulait pas que je m’approche à moins d’un mètre d’elle. Être fantôme allait être facile.A PROPOS DE L'AUTEURJe m'appelle Lydie Masere. Je vis dans le Sud depuis toujours. Je ne connais que la terre ocre, les vignes et la mer. J'ai l'âme et le pied agricoles. Dans la vraie vie, je compte et recompte, ajoute et soustrais. Dans l'autre vie, j'écris... quand les mots veulent bien de moi.